mercredi 7 octobre 2009

Des jours et des vies à Istanbul



Non aucun lien entre mon titre avec ce soap américain stupide.

- quand une manifestation contre le FMI tu verras, loin tu iras te cacher, pour éviter de te prendre les lacrymo. Eh oui, votre servante ci-présente (et ne vous inquiétez pas à posteriori, ça ne sert à rien), s'est retrouvée au beau milieu des échauffourées entre manifestants et policiers anti-émeutes. Un peu comme une poule au milieu d'une bataille d'oies (oui, l'image ne vous parle pas? Rassurez-vous, moi non plus, elle ne me dit rien). En réalité, moi je voulais prendre mon bus. Si une heure plus tôt, j'avais bien vu des manifestations, je m'attendais à ce que tout soit fini avant mon retour à l'université. Pourtant...pourtant. Triste vision que j'ai eu d'Istiklal, plus ou moins barrée sur tout un tronçon par les policiers, armés de leurs boucliers et accompagnés de tanks à eau (ils font peur leurs tanks). Istiklal étant une rue en bordel, je ne me suis pas inquiétée avant de voir des gens courir en sens inverse et (attention vision renforcée par le souvenir traumatisé) de voir un bloc compact de flics sortir de la fumée,, genre trop au ralenti quoi bloquant totalement le haut de la rue. Là, je suis restée un peu comme le lapin face au phare d'une voiture (là ça vous parle plus ?) parce qu'à vrai dire, je ne voyais sur le coup, pas trop quoi faire. J'ai finalement fait marche arrière, stupéfaite de voir de telles scènes - genre de chose qu'on ne voit habituellement qu'à la télé. J'ai bien trouvé une rue sur le côté, mais je voyais un barrage de policiers (eux ! encore!?). Mais, wouhou, il y avait une autre petite rue dans cette rue, sur la gauche, me permettant d'être parallèle à l'Avenue de l'Indépendance (devenue l'avenue de tous les dangers momentanément dans mon esprit). Sauf que bon, quand ils lancent du lacrymo, ça ne se cantonne pas dans la seule zone des manifestants, et moi, ainsi que les autres malheureux piétons, déviés de leur route, nous avons été un peu pris dans cette fumée.

C'est à pied que j'ai fait une grande partie du chemin pour obtenir finalement qu'un taxi m'emmène à la fac. J'ai pu voir les dégâts laissés par les manifestants sur les vitrines de banques le long du grand boulevard qui mène au stade Inönü.

Mais je le répète encore une fois, rien de bien risqué en ce qui me concerne.

- des chats, vraiment partout, il y a.
- le soir, traverser des rivières de voitures il t'arrivera.

La faculté ne me plait pas trop, dans le sens où, je ne m'y sens ni à ma place, ni vraiment bien encadrée ou accueillie. Mais il faut dire, si Galatasaray se targue d'un enseignement francophone, la réalité révèle que ses étudiants, sélectionnés pour leurs bons dossiers et non pas leur bon niveau linguistique, fuient le français comme la peste. Étant l'incarnation de cette langue honnie, quand nous ne sommes pas mal vu dans un cours, ils ne sont tout simplement pas dans le dit cours.

Je me dois d'expliquer que, pour préserver la qualité de l'enseignement, beaucoup d'enseignants turcs reviennent à leur langue natale. Il faut dire que ceux-ci n'ont aucune gratification à faire leurs cours dans une autre langue, et les étudiants, s'ils veulent avoir un bon niveau dans leur domaine, demandent souvent à mettre le cours en turc. La réforme récente de l'université a pour ambition d'améliorer ces problèmes.

Bien entendu, certains étudiants, notamment ceux qui sortent du Lycée Galatasaray, ou ceux qui sont en Droit, ont un très bon niveau de français et ne sont pas le moins du monde effrayés par notre présence. Mais ce sont bien ceux que l'ont croise le moins.

Peut-être exagérons-nous (je rapporte ici certaines impressions, peut-être fugaces, de mes camarades) lorsque nous avons le sentiment d'être observés, jugés, et peu appréciés (sauf par ceux qui prennent notre présence comme justificatif à faire la fête).

Comme toute personne expatriée, je ne peux pas rester objective dans pas mal de propos. Mais ça ne veut pas pour autant dire que je vais me priver de donner mon opinion. C'est vrai que les turcs ont ce côté accueillant et sympathique. Mais après plus d'un mois de séjour, je constate que l'on peut aussi en trouver des désagréables (comme dans toute civilisation en réalité). Mais la fac est le lieu de cristallisation de ce mélange: à la fois très bien accueillis par certains (profs, ou étudiants), d'autres turcs sont plus qu'indifférents à nos problèmes. Bon, leur administration étant chaotique au possible, on peut aussi imaginer qu'ils n'iront certainement pas se casser la tête pour nous (oui parce que je visais en particulier l'administration).

Mais nous le constatons même dans la vie de tous les jours. Là où certains feront un effort, d'autres semblent totalement exaspérés par la présence d'étranger balbutiant.

Baaah. Notre difficile processus d'intégration à un autre mode de vie transforme vite certains détails en préjugés faciles ^_^. Mais il y a peut-être quelque part, un certain fond de vérité.
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